Photographier… Rungano Nyoni

Des histoires de sorcière dans un club pour amateurs de cigares…

Si on frappait à votre porte demain matin en vous laissant cet ultimatum : passer le reste de votre vie enfermé-e dans un camp pour sorcières ouvert aux touristes ou vous transformer en chèvre, que choisiriez-vous ?

Un dilemme qui travaille Rungano Nyoni, métaphoriquement, au quotidien et auquel Shula, la toute jeune héroïne du captivant I am not a witch, est réellement confrontée, le jour où les habitants de son village décrètent qu’avec son regard si singulier, la petite fille ne peut être qu’une sorcière.

Ces camps que la cinéaste Zambienne de naissance et galloise d’adoption met en scène avec une sombre poésie, existent véritablement en Afrique australe.

Est-ce qu’on y trouve aussi des hommes ?

La cinéaste sourit : « Rarement. Les victimes de cette vindicte populaire sont surtout des jeunes filles ou des femmes âgées, forcément plus vulnérables. »

Bien plus qu’un pamphlet sur la place des femmes dans certaines régions d’Afrique, cette fable magnifique et cruelle témoigne du « prix de la liberté. Un prix bien plus élevé quand on est une femme. »

Africaine ou non.

Paris, China Club, novembre 2017

 

I am not a witch (Je ne suis pas une sorcière), de Rungano Nyoni.
Actuellement en salles.

 

Photo & texte publiés dans la revue La Septième Obsession, dans le cadre de ma carte blanche.

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